Jours fériés
Fiche fonction. Cette page explique en détail une fonction de calcul de la paie — l’indemnisation des jours fériés, chômés ou travaillés. Pour la vue d’ensemble, revenez à La paie.
Ce que dit le droit polynésien
Section intitulée « Ce que dit le droit polynésien »La Polynésie française compte 14 jours fériés (1ᵉʳ janvier, arrivée de l’Évangile le 5 mars, Vendredi saint, lundi de Pâques, 1ᵉʳ mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, Toussaint, 11 novembre, Matāri’i - fête de l’Abondance le 20 novembre, Noël), plus les ponts : l’interruption collective du travail accordée par arrêté pris en conseil des ministres le jour ouvrable qui précède ou qui suit un férié, et qui relève alors du régime des fériés autres que le 1ᵉʳ mai (art. Lp. 3223-2).
La liste a changé. Dans la version de l’article Lp. 3223-1 en vigueur depuis le 21 juin 2025, le 20 novembre (Matāri’i - fête de l’Abondance) est férié et le 29 juin (ex-fête de l’autonomie) ne l’est plus. Et seuls les lundis de Pâques et de Pentecôte sont fériés — pas les dimanches.
La fiche pratique de la Direction du travail (DT38/CO05) croise chaque férié avec votre régime — code du travail ou convention collective — et trois questions décident du calcul :
- Le 1ᵉʳ mai est à part : jour chômé et payé pour tous, quelle que soit la convention (art. Lp. 3223-4). Son chômage ne peut pas réduire le salaire ; les salariés payés à l’heure, à la journée ou au rendement reçoivent une indemnité égale au salaire perdu, calculée sur l’horaire habituellement pratiqué dans l’entreprise (art. Lp. 3223-5 et Lp. 3223-6). S’il est travaillé (activité qui ne peut s’interrompre), le salarié perçoit en plus une indemnité égale au salaire de la journée — paiement double (art. Lp. 3223-7).
- Les autres fériés ne sont pas obligatoirement chômés (hors dispositions de votre convention) : c’est une décision de l’employeur. S’il fait chômer, il paie une indemnité égale au salaire que le salarié aurait perçu ce jour-là — et il ne peut pas faire récupérer les heures perdues (art. Lp. 3223-3).
- Votre convention ajoute ses conditions et ses majorations : conditions d’éligibilité à l’indemnité (avoir travaillé la veille et le lendemain ouvrés — sauf absence autorisée ou maladie justifiée ; parfois 6 mois d’ancienneté, comme au commerce), et régime du férié travaillé : paiement double ou repos compensateur (commerce), majoration de 25 % (gardiennage), cumul des heures faites et des heures normales (hôtellerie pour le 29 juin et le 11 novembre, nettoyage — parfois au choix du salarié).
La fiche officielle date de 2015 et n’a « pas valeur légale » : avant de paramétrer, vérifiez l’article jours fériés de votre exemplaire à jour (au BTP, le régime dépend même de la chambre d’affiliation). Cas particulier connu : la presse a des fériés inversés (le férié se travaille, la veille est chômée-payée).
Comment IANUI les calcule
Section intitulée « Comment IANUI les calcule »Aucun DocType dédié : tout passe par des Rubriques de paie et les Éléments variables — le même patron que les heures supplémentaires.
- Salarié mensualisé, férié chômé : rien à faire. L’indemnité légale égale « le salaire qui aurait été perçu » — c’est déjà ce que paie la mensualité, qui ne bouge pas. Aucune ligne.
- Salarié à l’heure, férié chômé : la ligne d’indemnité vaut les heures qu’il aurait normalement faites ce jour-là × son taux horaire, sans majoration.
- Férié travaillé, quel que soit le mode de paie : les heures réellement faites remontent du calendrier de travail de deux côtés à la fois. Elles comptent dans la semaine comme toute heure travaillée — l’heure elle-même est payée par la mensualité, ou par la tranche de base d’un salarié à l’heure, et celles qui dépassent la durée légale prennent le taux du jour non ouvrable. Et elles partent en totalité sur la rubrique que vous avez désignée par la case Majoration jour férié travaillé, qui paie la majoration seule : heures × taux horaire × majoration. Majoration 100 % = la journée payée double (1ᵉʳ mai, commerce, cumul) : 8 h × 4 330 × 100 % = 34 640 s’ajoutent au salaire de la journée ; 25 % au gardiennage. Ce droit est conventionnel et porte toutes les heures du jour, même sous 39 h — il ne se confond pas avec la majoration des heures supplémentaires, qui s’ajoute si la semaine dépasse.
- Le repos compensateur (option de certains régimes) n’est pas une ligne de paie : c’est un mouvement de congés/repos.
Chômé ne veut pas dire hors du décompte. Un férié chômé avance le compteur hebdomadaire des heures qu’il remplace, sans ligne de plus. Les heures réellement travaillées le reste de la semaine montent donc d’un rang et peuvent basculer dans une tranche supérieure d’heures supplémentaires. C’est la conséquence de la règle rappelée plus haut — les heures perdues par le chômage d’un férié ne se récupèrent pas (art. Lp. 3223-3) : sans cela, les premières heures faites en plus dans la semaine viendraient combler le salaire de base sans majoration, ce qui reviendrait à les récupérer. Détail dans Heures supplémentaires.
Chômé ou travaillé : les deux rubriques côte à côte
Section intitulée « Chômé ou travaillé : les deux rubriques côte à côte »Pour un salarié payé à l’heure, prévoyez deux rubriques distinctes — une par régime :
| Férié chômé | Férié travaillé | |
|---|---|---|
| Rubrique | indemnité, majoration 0 | désignée Majoration jour férié travaillé — 100 % (double), 25 %… selon régime |
| Heures | à saisir : celles qu’il aurait normalement faites | remontent du calendrier : celles réellement faites |
| Ligne au bulletin (8 h × 4 330) | 34 640 — le taux simple | 34 640 — la majoration seule |
| Et le salaire de base ? | intact — la rubrique porte l’indemnité | il porte les heures (elles comptent dans la semaine) : 34 640 + 34 640 = la journée doublée |
Un même jour férié = un seul régime. Il a été chômé ou travaillé : ne saisissez pas l’indemnité de férié chômé sur un jour que le calendrier montre travaillé — la journée serait payée en trop. Pour changer de scénario, modifiez la saisie existante (rien ne se supprime : voir Recalculs et remplacements).
Mettre en place
Section intitulée « Mettre en place »- Le calendrier des Jours fériés arrive avec les valeurs par défaut : l’installation (ou « Mettre à jour les valeurs par défaut ») crée les 14 fériés de l’année en cours — un clic à refaire chaque janvier pour le nouveau millésime. La liste elle-même vit dans les Règles de jour férié (une ligne par férié : date fixe, ou décalage par rapport à Pâques), préremplies avec la liste légale : si un texte ajoute ou retire un férié, modifiez la règle — le clic de janvier suivra, sans mise à jour du logiciel. Ajoutez vous-même les ponts accordés par arrêté ; une date que vous avez modifiée n’est jamais écrasée. Le calendrier sert déjà au décompte des congés.
- Créez la rubrique « Indemnité jour férié chômé » (utile seulement si
vous avez des salariés à l’heure) : gain, mode horaire, règle taux du
contrat/grille, Taux de majoration 0, Cumulé (±) dans
brut,cps,cst,salaire— c’est du salaire, cotisé normalement. - Votre rubrique de férié travaillé.
HMJF, livrée et active par défaut, majore à 100 % (journée payée double) : reprenez-la si c’est votre régime, sinon créez la vôtre (ou modifiez-la) sur le même patron — gain, mode horaire, aucune tranche hebdomadaire, la même source de taux que vos heures supplémentaires, Taux de majoration = la majoration de votre convention (25 au gardiennage, par exemple), et cochez Majoration jour férié travaillé. Une seule rubrique active peut porter la case ; elle paie la majoration seule, l’heure elle-même restant dans le salaire. La suggestion du calendrier de travail y place d’elle-même toutes les heures des fériés travaillés, en lignes visibles que vous validez ; sans rubrique désignée, elle vous les annonce, salarié par salarié. Les heures qui dépassent la durée légale prennent en plus le taux du jour non ouvrable —HS65(de jour) etHS100(de nuit), livrées. - Chaque férié, saisissez les Éléments variables restants : les heures « qui auraient été faites » pour les chômés (salariés à l’heure). Les fériés travaillés, eux, remontent du calendrier.
Les conditions d’éligibilité restent votre contrôle. Présence la veille et le lendemain, ancienneté de 6 mois… : IANUI ne vérifie pas la présence — c’est vous qui saisissez, ou non, l’élément variable du salarié. Le journal de présence et les absences (RH) vous donnent de quoi trancher.
Un férié chômé chez un mensualisé ne génère aucune ligne : si vous voyez un bulletin de mensualisé identique au mois précédent, c’est normal — le férié est déjà payé dedans.